Interview Human of Le Village by CA PCA : Julien Muller, CTO de la startup Ezako, spécialiste en intelligence artificielle

EZAKO, est une startup fondée en 2011 par Bora Kizil et Julien Muller, cette entreprise est accompagnée par Le Village By Credit Agricole Provence Côte d’Azur depuis 2 ans.

L’équipe d’Ezako propose son expertise en Intelligence Artificielle aux data scientists présents dans les entreprises pour leur faciliter la détection d’anomalies et/ ou la maintenance prédictive de nouveaux produits dans des secteurs comme l’industrie.

Le process expliqué simplement en moins d’une minute 👇🏼https://www.youtube.com/watch?v=gflaKt32lw4

Une interview à retrouver en format podcast ici !

 

Peux-tu nous parler de ton parcours ? Pourquoi avoir co-fondé Ezako ?

“Après mes études en informatique, j’ai travaillé dans le secteur du Big Data chez IBM. J’ai travaillé en Californie, en France et à travers le monde. Et un jour je me suis dit qu’il fallait se lancer ! Donc, après une dizaine d’années en tant que salarié, j’ai lancé une startup avec Bora Kizil.

J’ai rencontré énormément de startup dans le domaine de l’informatique. Donc, forcément, ça m’a donné envie d’en créer une à mon tour.

Il y avait aussi l’idée de se challenger et de prendre ses responsabilités en se lançant dans l’entrepreneuriat.”

 

Peux-tu nous parler de Ezako et nous dire quelle est votre proposition de valeur ?

“Pour EZAKO, on est parti du constat que, suite à l’augmentation exponentielle des données, on arrivait à un point où regarder les “charts” et faire de l’analyse de données pure ne suffisait plus. En effet, il y a maintenant bien trop de données à analyser…

Nous avons cherché en conséquence une solution pour s’intéresser aux données importantes. Nous avons utilisé l’Intelligence Artificielle pour nous permettre de comprendre la donnée et de s’attacher à ce qui est vraiment important.”

Lorsque nous visitons le site web d’EZAKO, nous voyons le terme “séries temporelles”. Peux-tu nous en dire plus sur ce terme ?

“Le monde est plein de données, il y en a partout autour de nous. Il faut distinguer plusieurs types de données au sein de cet aréopage. Les données les plus connues sont les images. Elles sont massivement utilisées dans les IA, pour les véhicules autonomes par exemple.

Il y a d’autres types de données moins connues, ce sont ceux générés par les IOT, tous les systèmes médicaux, industriels, les avions… Ces systèmes génèrent de la donnée avec une certaine constance dans le temps. C’est ce qu’on appelle des séries temporelles.

 

Donc EZAKO propose une plateforme qui permet de manipuler toutes ces séries temporelles ?

“Tout à fait ! Il y a énormément de séries temporelles, toutes ne sont pas intéressantes à un instant T, il faut donc trouver un moyen d’identifier celles qui sont importantes. Notre solution est une solution d’intelligence artificielle qui apprend les comportements normaux et qui détecte les comportements surprenants ou anormaux d’un système. Et la solution les mets en avant pour les analyser plus précisément.”

 

Comment se déroule cette détection d’anomalies ?

“On développe des modèles de Machine Learning qui apprennent des comportements et qui sont, par la suite, capables d’identifier quand ça se passe différemment.

Ils apprennent aussi à reconnaître des pattern (comportements spécifiques de données) ce qui permet de labelliser les données.”

Aujourd’hui avec l’arrivée de la 5G, il y aura de plus en plus d’objets connectés, notamment dans le domaine industriel.

“Tout à fait ! Donc les objets connectés dans le secteur industriel, ont besoin d’être monitorés. À partir du moment où on peut comprendre quand ils ont une défaillance, on a quelque part l’obligation d’identifier cette défaillance, avant qu’il y ait un accident.

Et c’est vrai pour tous les systèmes industriels. Mais aussi pour les systèmes de réseaux 5G et pour les véhicules autonomes. En fait, c’est vrai pour tous les outils qui se développent actuellement.”

Si on devait vraiment définir LA proposition de valeur d’EZAKO qui vous permet de vous démarquer des autres entreprises dans le domaine de la DATA ?

“La première chose, c’est qu’on travaille sur les séries temporelles. Il n’y a pas assez de personnes qui travaillent sur ce sujet précis eu égard à la quantité de données à disposition. Il y a énormément de besoins dans ce secteur, mais pas assez de compétences présentes.

Notre approche est aussi assez spécifique puisque ce qu’on propose ce n’est pas de remplacer le Data scientist, mais c’est de lui apporter des outils pour lui faciliter l’identification de pattern intéressants ou de lui apporter des données qu’on va labelliser.”

 

Quel est votre Business Model avec EZAKO ?

“On offre une plateforme Cloud, Upalgo,qui permet de faire de la détection d’anomalies. En fait, vous pouvez, très simplement, allez vous inscrire sur notre site et envoyer des données. Nos systèmes iront construire les modèles les plus adaptés pour détecter les anomalies sur vos données.

Des modèles plus adaptés, ça veut dire quoi exactement ? Personne ne le sait à part vous. Donc l’idée de nos modèles, c’est qu’ils vont aller trouver des anomalies, vous les présenter et selon les retours que vous faites à notre système, il va réapprendre et s’enrichir. Ça permet de trouver ce que vous pensez être anormal. Une solution qui apprend en permanence en fonction des retours de l’utilisateur.

Il y a rien de plus énervant qu’un modèle de Machine Learning qui vous trouve des anomalies où il n’y en a pas. Ça s’appelle un faux positif. Sur notre plateforme vous avez juste à indiquer là où vous avez détecté des faux positifs et notre système va réapprendre et corriger ça pour ne plus vous présenter ces “non-problèmes”.”

 

Quels sont les secteurs d’activités qui vous demandent de travailler sur leurs données ?

“Il y a une telle explosion de la donnée de nos jours que c’est dur de cibler un secteur en particulier. On travaille beaucoup dans l’industrie, dans l’aéronautique et dans l’automobile.

Il suffit de regarder dans le médical en ce moment… Tout reste à construire dans ce domaine-là. Ça peut toucher tous les domaines où il y a des capteurs qui se développent.

 

Pour revenir sur votre accompagnement par le Village by CA PCA, qu’est-ce qui vous a poussé à intégrer cette structure ? Et qu’est ce que ces 2 ans d’accompagnement vous ont apporté ?

“On est une équipe d’ingénieurs avec des doctorants en Machine Learning. Nous avons beaucoup réfléchi à la solution mais, assez peu à comment la commercialiser. C’est la principale raison qui nous a amenés au Village by CA. L’équipe du Village nous a vraiment aidés sur ce point et a été un support constant sur plusieurs de nos problématiques. Par exemple, sur tout ce qui est communication, écosystème…

Quand on est une startup, on ne pense pas à tous les problèmes annexes au produit lui-même. Pourtant, ces problèmes annexes finissent par nous prendre tout notre temps si on n’arrive pas à s’organiser. Et le Village sait parfaitement nous aider régler ce problème.

Et au-delà de ça, il y a aussi l’interaction avec d’autres startup et l’ambiance du Village.”

Pendant ton accompagnement au Village by CA est ce que tu as eu des interactions avec des partenaires ?

“Puisque le Village c’est tout un écosystème, on a eu énormément d’interactions. On a eu des interactions avec des personnes spécialisées dans l’informatique, je pense notamment à des sociétés comme SAP et IBM. Ces sociétés proposent des solutions et ont énormément d’ingénieurs sur différents thèmes, donc ils savent parler de nos sujets.

D’autres sociétés sont spécialisées dans le financement des start-ups. On a pu interagir avec Indosuez. Et il y a d’autres sociétés qui sont spécialisées dans la comptabilité ou dans l’aide à l’identification d’une offre de vente. Et je pense que c’est un vrai sujet pour les start-ups qui rentrent dans un processus d’accélération. Souvent, on a une bonne idée de ce qu’on va faire techniquement, mais on ne sait pas vraiment comment on va le vendre.”

 

Que dirais tu à quelqu’un qui souhaite se lancer dans l’entrepreneuriat ?

“Pour les personnes qui pensent lancer une start-up, le conseil que je leur donne, c’est de le faire tout de suite. Ça ne sert à rien de le faire demain. De toute façon on ne se sent jamais assez prêt. Donc autant y aller de suite.

Il faut y aller, il faut se lancer. Vous avez peur d’échouer ? Effectivement, c’est un risque très présent dans notre milieu. Mais ce n’est pas si grave d’échouer. Il faut savoir se relever et retenter. Il faut savoir s’entourer et se faire aider quand on en a besoin et là, tout devrait bien se passer !”

 

Il n’y a rien de mieux qu’avoir une expérience pour comprendre un problème et essayer de le résoudre. — Julien Muller

 

Vous souhaitez écouter le podcast ? c’est ici !

Le site web de EZAKO pour en savoir plus.