Evoluflor, est une startup fondée par Beatrice Caula en 2017 et accompagnée par le Village by Crédit Agricole Provence Côte d’Azur depuis plus de 2 ans. Cette jeune entreprise propose une solution de digitalisation du métier d’artisan fleuriste, notamment à travers un logiciel de caisse métier qui permet à tous les feuristes de reprendre le pouvoir et d’être libre d’exercer vraiment leur métier et leur passion #entrepreneur 

Facilité d’utilisation, interface tactile et ergonomique, fonctionnalités métiers dédiées, process de gestion optimisé, centralisation des modes de vente…tout est pensé pour donner aux fleuristes les moyens d’être plus rapides et mieux organisés pour leur faire gagner du temps : du temps pour exprimer leur créativité, développer leur commerce, leur permettre de se consacrer davantage à leurs clients. (En savoir plus sur www.evoluflor.fr).

Une interview d'entrepreneur à retrouver en format podcast ici

Peux-tu nous parler de ton parcours ? Qu’est ce qui t’as amené à ce métier d’entrepreneur ?

“J’ai d’abord été directrice de production en audiovisuel à Paris. J’ai donc vécu une dizaine d’années dans la capitale. A la naissance de ma première fille, nous avons souhaité, avec mon mari, revenir habiter sur Nice.

Pour assumer ce choix de retour sur la région, il fallait que je trouve un métier qui me permette de supporter ce choix sachant que le secteur de l’audiovisuel n’offrait que peu de déouchés dans le sud pour un poste de direction de projets.

J’ai alors fait le choix de racheter le magasin de fleurs de ma mère. Je suis donc devenue entrepreneuse, artisan fleuriste, et ce, pendant dix sept ans.

Et puis pendant toutes ces années je n’ai jamais cessé d’essayer d’améliorer mes conditions de travail et mes conditions de vie. En effet, le métier d’artisan fleuriste est un métier où on travaille 7/7j. C’est surtout un métier qui n’est pas numérisé et dans lequel tout se fait encore à la main.

Si la préparation des bouquets doit se faire manuellement, les tâches administratives, les tâches sans valeur ajoutée, qui ne sont pas rentables, qui nous prennent beaucoup de temps et surtout qui nous polluent le cerveau finalement, sont des choses qui peuvent être automatisées. On peut dire que ces tâches là m’ont pourries la vie pendant dix sept ans…

En fait, c’est en cherchant à améliorer mes conditions de travail que j’ai eu l’idée d’automatiser le maximum de ces tâches. J’ai cherché un logiciel me permettant de tout automatiser mais je n’ai rien trouvé sur le marché. Je me suis dit que finalement mes études dans l’électronique et mes dix ans d’expérience en tant que directrice de projets pourrait me servir à monter MON entreprise pour créer ce logiciel.”

“Après en avoir parlé autour de moi, notamment à des fleuristes, il en est ressorti qu’ils avaient les mêmes besoins que moi et la même envie de numérisation de ces tâches là. Nous travaillions tous de la même manière en magasin.”

Evoluflor est finalement né après avoir eu l’envie de résoudre ce problème, il y a un peu plus de trois ans et demi maintenant.

“Finalement, ce qui m’a amené à ce métier d’entrepreneur c’est la liberté. Quand on est entrepreneur, on est libre de nos choix !” — Béatrice

Alors aujourd’hui, qu’est ce que EVOLUFLOR ? Peux-tu nous parler de ta société, de ton équipe et nous dire où est ce que tu en es aujourd’hui ?

Un pivot drastique a été fait il y a environ un an et demi, peu après mon arrivée au Village by Crédit Agricole PCA. Ce pivot a porté sur notre stratégie et nous a amené à structurer l’entreprise avec une directrice commerciale et une responsable du service marketing.

Et là en 2021 c’est l’année de l’accélération. Aujourd’hui, nous sommes dix sept dans l’entreprise. Ca va très vite ! Nous mettons en place des processus internes pour manager au mieux notre équipe. s basée sur les actions utiles que chaque collaborateur met en place pour faire avancer le travail.”

Et maintenant, si tu prends du recul par rapport à ton parcours, à ton sens, quelles ont été les difficultés que tu as rencontré ?

“Je dirai pas que ce sont des difficultés que j’ai rencontré. Je dirai que ce sont des solutions. Quand on est entrepreneur, on prend souvent chaque difficulté comme un élément négatif et on ne s’en sort plus. Alors que dès qu’on se pose des questions, qu’on se remet en question et qu’on essaie de trouver une solution (en s’entourant si besoin), on arrive à avancer.

En fait, je me suis aperçue que j’étais une entreprise hybride. Je suis considérée comme une start-up puisqu’il y a des besoins d’investissements et de fonds. Et en même temps je considère EVOLUFLOR comme hybride parce que je ne cherche pas à lever des fonds comme les start-ups le font dans l’imaginaire collectif. Je qualifierai notre levée de fonds comme une levée de fonds avec des valeurs humaines.

La dimension humaine est prédominante chez Evoluflor et a toujours été plus importante que le seul angle financier. Le processus pour trouver des fonds a donc été plus long. Mais j’ai trouvé un moyen de lever des fonds avec des messieurs et madames tout le monde, avec des fleuristes. Effectivement, j’ai fait rentrer des fleuristes dans le capital d’EVOLUFLOR. Et je réussis tant bien que mal à lever des fonds avec des personnes qui ont des valeurs humaines. Et pour qui l’individu et la communauté priment, et non pas l’argent.”

Finalement, c’est donc du financement participatif avec des individus qui adhérent à des valeurs portées par toi et ton équipe ?

“Complètement ! Ce que j’ai appris à faire ici, au Village by CA, c’est vraiment à aligner mon équipe sur ma vision d’entreprise, qui elle-même est dictée par les besoins de nos clients.

Donc finalement, chez EVOLUFLOR, le patron ce n’est pas moi. Le patron c’est le client. C’est le client qui nous pilote tous.

Alors justement en parlant de clients, quel est ton Business Model ?

“Nous avons une solution technologique en SaaS. Nous vendons également du matériel pour les fleuristes qui ne souhaitent pas le chercher par eux-mêmes. Même si nous les incitons à faire travailler leur informaticien local pour trouver le matériel.

Nous vendons également des services, comme par exemple des formations ou du paramétrage.

Et dans notre solution technologique, nous sommes aussi en train de mettre en place, un modèle transactionnel pour les partenaires avec qui nous travaillons.”

Quelle est la proposition de valeur d’EVOLUFLOR ? Quels sont tes points de différenciation ?

Notre plus value est de pouvoir apporter une solution technologique en numérisant un pan de l’artisanat. Et tout ça, en gardant en tête notre point central qui reste l’être humain.

Ce qui nous différencie des grandes chaînes de distribution florale, c’est que notre solution permet aux artisans de garder la valeur qui est générée par leur travail. On ne leur prend pas leur marge. Dans la chaîne de valeur, qui va de l’horticulteur jusqu’au client final, on fait en sorte que chaque maillon puisse récupérer la valeur qu’il a généré par son travail.

Donc on se focalise sur l’individu. Nous ne sommes qu’une solution qui permet de prendre conscience que le numérique est important et nécessaire, mais que le plus important sera toujours l’humain.”

Pourquoi as-tu intégrée le Village by Crédit Agricole PCA ?

“Quand on vient d’un milieu d’artisan, notamment ici d’une entreprise d’artisanat familiale, et qu’on se retrouve par la suite dans le monde de la start-up, il y a un grand fossé. J’avais donc besoin d’apprendre et de me nourrir de cet écosystème de start-up. Et j’avais besoin de me faire guider dans ma stratégie. J’avais des idées mais j’avais besoin de grandir et d’apprendre en tant que cheffe d’entreprise.

Il faut savoir que le Crédit Agricole et moi c’est un peu comme une histoire d’amour. Avec le magasin, nous avions déjà le CA comme partenaire bancaire. Et c’est en discutant de ce projet EVOLUFLOR avec mon chargé d’affaires, qu’on m’a parlé du Village by CA PCA. J’avais besoin de cet accompagnement.”

Et est ce que cela a fonctionné ? Qu’est ce que tu en as tiré ?

“Ça a plus que fonctionné puisque maintenant je ne veux plus partir ! Ça a fonctionné parce que on m’a fait grandir, on m’a fait avoir les épaules pour prendre des décisions et on m’a aidé pour les mettre en place.

Le Village m’a aussi aidé à assumer mon idée et à aligner l’équipe EVOLUFLOR sur cette vision stratégique. Ce qui nous permet de travailler sereinement puisque chacun sait ce qu’il a à faire pour l’équipe mais aussi pour répondre aux besoins des clients.”

Dans l’écosystème du Village, il y a des entreprises partenaires qui sont là pour vous aider. Est ce que tu as eu des mises en relation avec ces partenaires ?

“J’ai eu des relations très importantes. La première ça a été de faire appel à CGI. J’ai eu affaire à la directrice des ressources humaines de CGI, qui m’a coaché d’un point de vue humain, sur mon organisation en tant que cheffe d’entreprise.

Ensuite, des ingénieurs de CGI sont aussi venus auditer mon logiciel pour me réassurer sur les technologies choisies.

CGI ont vraiment été d’une grande aide pour moi.

Pour conclure, as-tu un message à adresser aux jeunes créateurs d’entreprise ou aux personnes qui hésitent à se lancer dans l’entrepreneuriat ?

“La première chose que je pourrais suggérer c’est de suivre son instinct ! Mais de ne pas le suivre seul et borné, mais plutôt de le suivre en s’ouvrant aux autres et à l’aide qu’ils peuvent nous apporter.

Également, faire de la veille encore et toujours, se cultiver, prendre des informations partout.

Et surtout, trouver les bonnes personnes pour se faire accompagner. En tant que chef d’entreprise, seul on y arrive rarement. Du moins, j’ai du mal à croire à ça. On doit vraiment accepter d’écouter et d’apprendre tous les jours. Parce que c’est ça être chef d’entreprise, apprendre tous les jours.”

Ne vous mettez pas de barrière, si vous avez une idée, foncez ! — Béatrice

Foncez ! Ce sera le mot de la fin.

Merci à Beatrice Caula pour cette entrevue.

Vous souaitez écouter le podcast ? c’est ici !

Le site web de Evoluflor pour en savoir plus.